Charte

Charte et revendications de l’association Slutwalk Suisse

Nous sommes une association féministe au fonctionnement horizontal (non-hiérarchisé), luttant contre les violences sexistes et sexuelles systémiques dont sont victime.x.s les femmes et les personnes MOGAI1. Nous ne sommes affilié.e.x.s à aucun parti politique, nous sommes indépendante.x.s des autres organisations Slutwalk et refusons de servir un quelconque agenda politique. Il est fait usage du langage inclusif dans la rédaction de cette charte. Enfin, nous utilisons le terme « agresseur » au masculin pour désigner la personne qui agresse car la grande majorité des agressions sexistes et sexuelles sont le fait d’hommes cisgenres2.

  1. Nous condamnons les violences sexistes et sexuelles, le sexisme, toutes les formes de racisme, le classisme, le validisme, le capacitisme, la grossophobie, la psychophobie, la lesbophobie, la gayphobie, la bi/pan-phobie, la transphobie, l’enbyphobie, les violences de genre et les oppressions contre les personnes intersexes et queer ;

  2. Nous considérons que tout acte sexuel non consenti est un viol pour autant que la victime.x/survivant.e.x le considère ainsi ;

  3. Aucune femme ou personne MOGAI ne mérite d’être agressé.e.x sexuellement ou stigmatisé.e.x quels que soient ses comportements, son apparence, son mode de vie, son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression de genre, supposés ou réels ;

  4. Lors d’une agression sexiste et sexuelle, il n’y a qu’un seul coupable : l’agresseur ;

  5. Le viol n’est pas une affaire d’ordre privé entre deux personnes mais bien une problématique sociétale. Il n’est pas dû à des pulsions incontrôlables mais résulte de mécanismes sexistes selon lesquels le corps des femmes et personnes MOGAI ne leur appartient pas et doit être à disposition des hommes cisgenres. C’est une forme d’humiliation et un outil, individuel et collectif, de domination et de contrôle social. Ces mécanismes bénéficient à l’ensemble des hommes cisgenres ;

  6. Nous dénonçons la culture du viol selon laquelle c’est la victime.x/ survivant.e.x qui est en cause et non son agresseur et nous dénonçons ces pratiques et discours qui tolèrent et encouragent les agressions sexistes et sexuelles, à travers notamment la culpabilisation des victimes (victimblaming), le slutshaming et les campagnes de prévention qui ne s’adressent qu’aux victime.x.s/ survivant.e.x.s et qui leur fait porter la responsabilité des agressions;

  7. L’éducation, le débat public et la prise de conscience autour des agressions sexistes et sexuelles sont une priorité. Les condamnations pénales ne changent pas les mentalités. C’est la lutte contre la culture du viol et la prévention qui doivent gagner en force, pas le taux d’occupation des prisons. Nous soutenons toutefois le choix individuel de porter plainte ou non et nous nous insurgeons contre les insuffisances du code pénal dans la mesure où ces lacunes témoignent de la faible reconnaissance des agressions sexistes et sexuelles en Suisse ;

  8. Les femmes et personnes MOGAI économiquement ou socialement précarisées sont victime.x.s d’une violence spécifique à leur condition. Le risque d’agression sexuelle est le lot de tous.te.s.x mais les difficultés d’accès à l’aide et à la reconnaissance touchent particulièrement les personnes en situation précaire. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles est indissociable de la lutte contre toutes formes d’exclusion ;

  9. Les femmes et personnes MOGAI racisé.e.x.s négativement (non-blanc.che.x.s) subissent une violence spécifique à leur condition, notamment une hypersexualisation et une exotisation de leurs corps. Ainsi, les violences subies ne s’accumulent pas mais se transforment. Celles-ci sont également surreprésentées parmi les personnes précarisées. La visibilisation et la lutte contre ce type de violence fait partie intégrante de notre combat ;

  10. Slutwalk Suisse considère que le travail du sexe est un travail et que les travailleureuse.x.s du sexe subissent une violence spécifique à leur activité car le stigma qui pèse sur leur travail entraîne des mécanismes d’invisibilisation/négation des violences sexuelles et de victimblaming. Nous nous inscrivons contre tous discours qui disqualifient la parole des travailleureuse.x.s du sexe ou qui tendent à nier leur capacité d’agir et leur autodétermination ;

  11. Nous soutenons la multiplicité des définitions de liberté des femmes et des personnes MOGAI et affirmons notre droit à l’autodétermination. A partir de là, chacun.e.x choisit la tenue qui lui convient ;

  12. Nous soutenons la nécessité de créer des espaces de légitimité (espaces en mixités choisies, espaces solidaires de témoignages…) où les victime.x.s/survivant.e.x.s sont reconnu.e.x.s et écouté.e.x.s et où le silence peut être brisé et les violences sexistes et sexuelles visibilisées et dénoncées.

Charte modifiée et approuvée lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 8 mai 2018 à Genève.

1 « Marginalized Orientations, Gender identities and Intersex ». Personnes marginalisées en fonction de leur identité/expression de genre et de leur orientation sexuelle et personnes intersexes.

2 Cisgenre désigne une personne dont le genre assigné à la naissance correspond au genre avec lequel la personne se définit actuellement.

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